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Iran : le mystère s'épaissit autour de Mojtaba Khamenei, déclaré « sain et sauf » par Téhéran

Ce qu'il faut savoir

  • Le fils du président iranien assure que Mojtaba Khamenei est « sain et sauf » malgré des blessures subies lors du raid du 28 février.
  • Des sources diplomatiques et de renseignement confirment des blessures légères aux jambes, aux bras et aux mains, mais affirment qu'il reste conscient et en lieu sûr.
  • Âgé de 56 ans et désigné guide suprême le 9 mars, il n'a toujours pas fait d'apparition publique ni prononcé de discours officiel.

Alors que le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, demeure totalement invisible depuis la mort de son père lors d'un bombardement à la fin du mois de février, les autorités de Téhéran tentent d'éteindre les spéculations sur son état de santé. Désigné officiellement pour prendre la tête de la République islamique le 9 mars 2026, l'homme fort du régime est « sain et sauf », a assuré ce mercredi 11 mars Yousef Pezeshkian, fils du président iranien Massoud Pezeshkian, dans un message diffusé sur l'application Telegram. L'annonce vise à rassurer un appareil d'État ébranlé, même si le nouveau dirigeant n'a effectué aucune apparition publique ni prononcé le moindre discours depuis le déclenchement des frappes israélo-américaines le 28 février dernier.

Bien que présenté comme à l'abri des risques majeurs par la propagande officielle, Mojtaba Khamenei porterait néanmoins les séquelles physiques du raid destructeur ayant coûté la vie à son père, l'ayatollah Ali Khamenei. Selon les informations communiquées par les services de renseignement israéliens, le responsable religieux âgé de 56 ans aurait été légèrement blessé aux jambes au cours des frappes menées conjointement par Washington et Tel-Aviv sur la résidence du guide suprême à Téhéran. Ces précisions ont été en partie étayées par Alireza Salarian, ambassadeur d'Iran à Nicosie, qui a indiqué que le nouveau chef d'État présentait des blessures localisées au niveau des jambes, du bras et de la main, tout en précisant qu'il demeurait parfaitement conscient et placé dans un lieu strictement sécurisé à l'abri des attaques.

Sur les ondes de la télévision d'État iranienne, les autorités cherchent à transformer cet épisode en un symbole de résistance. Les médias nationaux dressent désormais le portrait d'un « vétéran blessé de la guerre du Ramadan », évitant soigneusement de donner le moindre détail médical précis sur la gravité réelle de son état. Dans les artères de Téhéran, d'immenses affiches et des banderoles le représentant aux côtés de son père ont été déployées pour affirmer la continuité du pouvoir. Cependant, l'absence persistante d'images vidéo récentes ou de messages audio enregistrés alimente l'incertitude au sein de la population et auprès des chancelleries étrangères, d'autant que le raid du 28 février a également coûté la vie à sa mère, son épouse et sa sœur.

Succédant à son père après trente-sept années d'un règne sans partage, Mojtaba Khamenei hérite de la direction d'un pays engagé dans la plus grave crise sécuritaire de son histoire contemporaine. Personnage secret de la République islamique, ce religieux conservateur formé dans les séminaires de Qom n'a jamais occupé de fonction gouvernementale officielle avant sa désignation par l'Assemblée des experts. Il a toutefois forgé au fil des ans une influence déterminante dans l'ombre du bureau patriarcal et entretenu des liens étroits avec les Gardiens de la révolution. Sa nomination consacre une forme de succession héréditaire contestée par certains pans de la société, mais pensée par le régime pour afficher une ligne de fermeté inébranlable face aux pressions extérieures.

Tant que le nouveau guide suprême restera terré à l'écart des caméras et incapable de prononcer une allocution directe, le mystère entourant sa capacité effective à exercer le pouvoir continuera d'alourdir le climat politique à Téhéran.