Ce qu'il faut savoir
- Plusieurs préfectures ont interdit les manifestations du 24 octobre à Marseille, Nice, Angoulême et Saint-Étienne.
- Laurent Jacobelli (RN) estime que « parfois il n'y a pas le choix » face aux débordements.
- Rokhaya Diallo (Politis) juge l'interdiction « complètement liberticide ».
- Dominique de Villepin préfère « une manifestation prévue, encadrée, structurée, à un désordre généralisé ».
- Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez annonce 70 000 policiers et gendarmes ainsi que des unités d'élite (RAID, GIGN, BRI).
Alors que des préfectures ont choisi d'interdire les manifestations prévues le samedi 24 octobre dans plusieurs villes, dont Marseille, Nice, Angoulême et Saint-Étienne, le débat sur la légalité et l'opportunité de ces arrêtés anime la classe politique française. Les violences, dégradations et pillages survenus en marge de la mobilisation du 17 octobre ont conduit plusieurs responsables à réclamer des mesures fortes, tandis que d'autres mettent en garde contre une atteinte à la liberté de manifester.
Invité de BFM ce jeudi 22 octobre, Laurent Jacobelli, député Rassemblement national de Moselle, a estimé qu'il n'y a parfois pas d'autre choix que d'interdire les manifestations. « Parfois il n'y a pas le choix », a-t-il déclaré. Dans la même ligne, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a qualifié l'interdiction de solution face aux débordements en marge des manifestations, selon un extrait diffusé par la même chaîne.
À l'inverse, Rokhaya Diallo, présidente de Politis et éditorialiste au Guardian, a jugé que l'interdiction des manifestations du 24 octobre est « complètement liberticide ». Elle était également l'invitée de BFM ce jeudi 22 octobre pour évoquer les mesures visant à interdire certaines manifestations en France.
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, fondateur de « La France Humaniste », a pour sa part exprimé sa perplexité face aux interdictions préfectorales. Selon lui, « interdire quasiment systématiquement (de manifester) » accroît le risque de « manifestations sauvages » et les « initiatives » de casseurs qui joueront « à un jeu du chat et de la souris » avec les forces de l'ordre. « Je préfère une manifestation prévue, encadrée, structurée, à un désordre généralisé », a-t-il résumé, prônant également « des règles plus claires de dispersion » des manifestations ou l'arrêt des nasses en début de défilé.
Sur le terrain sécuritaire, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé le déploiement de 70 000 policiers et gendarmes partout en France pour encadrer les rassemblements du 24 octobre. Il a précisé que des unités spécialisées, « y compris les unités d'élite comme le RAID, le GIGN ou la BRI », ont été mobilisées. Le ministre a également indiqué qu'« il y a de nombreux appels de la mouvance de l'ultragauche et de l'extrême gauche radicale à commettre des exactions », et évoqué « un dispositif de maintien de l'ordre extrêmement important ».
Le débat intervient dans un contexte de vives tensions sociales, marqué par les violences du 17 octobre et par les revendications du mouvement lycéen. Dominique de Villepin a d'ailleurs estimé qu'il est « important que le président de la République fasse un geste » envers les lycéens, appelant à « reconnaître les difficultés qui sont les leurs ». Il a aussi jugé que les violences du 17 octobre n'ont « rien à voir » avec les émeutes de 2005, estimant que « les situations sont différentes » et que « nous étions dans une autre époque ».
Les positions divergent donc nettement entre partisans d'une interdiction au nom de l'ordre public et défenseurs de la liberté de manifester, tandis que l'exécutif mise sur un dispositif policier massif pour prévenir les débordements. Le débat devrait se poursuivre jusqu'à la journée de mobilisation elle-même.











