Ce qu'il faut savoir
- Les exportations dominicaines vers Haïti ont atteint 100 millions de dollars en janvier 2026, contre seulement 12 034 dollars pour les exportations haïtiennes.
- L'ancien chef de la police haïtienne, Rameau Normil, est convoqué par la justice pour répondre d'accusations de trafic d'armes au profit de gangs criminels.
- La forte demande haïtienne en matériaux de construction et produits de première nécessité illustre sa dépendance structurelle aux importations dans un contexte d'instabilité chronique.
Les échanges commerciaux entre Haïti et la République dominicaine révèlent un profond déséquilibre, selon des données douanières dominicaines de janvier 2026. Les exportations dominicaines vers Haïti ont dépassé les 100 millions de dollars, marquant une hausse de 6,8% par rapport à l'année précédente, tandis que les exportations haïtiennes vers son voisin sont restées marginales, plafonnant à peine à 12 034 dollars. Cette dépendance massive s'illustre principalement par des importations de matériaux de construction, dont des barres d'acier pour 14,48 millions de dollars et du ciment pour 7,29 millions, transitant majoritairement par les postes frontaliers de Jimaní, Dajabón et Elías Piña.
Ce déséquilibre commercial historique est exacerbé par l'instabilité politique et sécuritaire chronique qui paralyse la production haïtienne et accroît sa dépendance aux importations pour des biens essentiels. Au-delà des matériaux de construction, Haïti importe massivement de la farine de blé, de l'huile de soja, des produits de boulangerie, du coton et des médicaments en provenance de la République dominicaine. Cette situation illustre l'incapacité structurelle de l'économie haïtienne à subvenir à ses besoins fondamentaux et sa vulnérabilité face aux fluctuations régionales.
Parallèlement, la crise sécuritaire s'aggrave avec la convocation judiciaire de l'ancien directeur général par intérim de la Police Nationale, Rameau Normil, le 2 mars 2026. Il doit répondre d'accusations graves, incluant association de malfaiteurs et trafic d'armes et de munitions au profit de gangs armés. Cette affaire, survenant après son refus de se présenter à une première convocation, soulève de sérieuses interrogations sur l'intégrité des institutions et la gestion des arsenaux de l'État, alimentant directement l'insécurité qui mine le pays et perpétue sa dépendance économique.












