Ce qu'il faut savoir
- Le gouvernement haïtien se mobilise face à une étude alarmante sur la qualité de l'eau embouteillée dans la région de Port-au-Prince.
- L'OIT classe Haïti en « défaut grave de soumission » pour ne pas avoir rendu de comptes sur les droits des travailleurs depuis plus de cinq ans.
- Ces deux crises simultanées révèlent un effondrement profond de la gouvernance et des services de base dans le pays.
Le gouvernement haïtien a convoqué une réunion d'urgence ce vendredi 20 février 2026 à l'hôtel Montana de Pétion-Ville pour répondre aux conclusions alarmantes d'une étude sur la qualité de l'eau embouteillée dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Le Ministère du Commerce et de l'Industrie (MCI), dirigé par James Monazard, a organisé cet atelier interinstitutionnel en présence des ministres des Travaux Publics et de la Santé Publique. L'objectif était de formuler une réponse coordonnée pour renforcer la protection des consommateurs face à ce qui est désormais considéré comme une urgence sanitaire et commerciale majeure.
Cette crise sanitaire émerge dans un contexte national déjà extrêmement fragilisé, comme en témoigne un récent rapport accablant de l'Organisation Internationale du Travail (OIT). Publié simultanément, le document classe Haïti en « défaut grave de soumission » pour n'avoir transmis aucun rapport sur l'application des conventions internationales depuis cinq à six ans. Cette carence institutionnelle, qui dure depuis plus d'une décennie, isole le pays sur la scène internationale et l'empêche de rendre des comptes sur des droits fondamentaux, notamment la liberté syndicale garantie par une convention ratifiée en 1979.
La concomitance de ces deux crises – sanitaire et des droits sociaux – illustre l'effondrement multidimensionnel de la gouvernance haïtienne. Les recommandations issues de l'atelier sur l'eau seront soumises au Conseil de gouvernement, mais leur application s'annonce complexe dans un pays paralysé par l'insécurité et une crise institutionnelle profonde. L'incapacité de l'État à assurer des biens de première nécessité comme une eau saine et à respecter ses engagements internationaux soulève de graves questions sur sa capacité à protéger sa population et à rétablir un dialogue de confiance avec ses partenaires.












